Chers amis,

novembre 15, 2010

Chers amis,

Pour moi, au moins, le problème posé par le Stockfeld est son exemplarité. Car il est difficile pour nous, le peuple, d’accepter que nous soyons confrontés à une réalité exemplaire, et par conséquent difficile (impossible) à contrôler ; une réalité qui ne se laisse pas modeler, mais qui, par contre, nous modèle – elle, nous.

Comme j’ai osé le dire dans nos rencontres plus ou moins publiques, le Stockfeld m’a été présenté comme une tranche nette du passé, sans les tripes du Neuhof, sans le sinistre labyrinthe de la Cité, et généralement sans le cocktail de cultures, de races et d’économies qui définissent ce lieu complexe.

Et tous les autres lieux de notre société post-industrielle, et (j’ose dire) post-européenne.

Mais cette exemplarité même est la cible de notre réflexion et le champ de notre recherche, le matériel sur lequel nous pouvons intervenir. Nous, les faibles, les artistes venant d’un no man’s land d’approximations et de naïveté. Car sans cela – sans la naïveté de croire que les choses peuvent changer – rien ne bouge plus. Tout se fige dans cette apparence de l’inévitable. La rhétorique du Neuhof est celle de l’inévitable. On ne peut construire que des fortifications institutionnelles, on ne peut parler avec les gens que dans les espaces contrôlés, on ne peut faire que ce qu’on a toujours fait, contrôler, récompenser, punir, cacher, attendre.

Je crois que le grand pas qui a été franchi d’une manière modeste et inattendue pendant notre atelier au Neuhof est justement cela : avec les instruments de l’art (chaos, paresse, ambiguïté, curiosité, dynamisme, folie) la discipline froide et cérébrale de l’urbanisme a été mise au travail d’une façon plus proche des questions en jeu, et par cela plus proche des réponses qu’on continue à chercher. Je n’essaie pas de vous mentir et prétendre que nous faisions quelque chose de neuf ; mais précisément parce que nous jouions un modeste jeu d’exploration, un jeu de rôles où le prisonnier et le gardien étaient tous deux enfermés dans le même espace, nous étions plus proches des questions que d’autres joueurs plus grands, meilleurs, plus rapides, plus adaptés.

Comme je le disais auparavant, plus aptes à s’occuper des Neuhofs  de cette planète

(Neuhof – une mégapole en train d’apparaître à cet instant même) seraient ces esprits hybrides qui sautent de la précision de l’architecte aux vertus de l’improvisation de l’artiste. Tout en restant humbles.

Bon, voilà, je dois revenir maintenant à ma routine quotidienne, humble, je vous assure.

Amicalement,

Calin Dan

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