atelier de scénographie

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L’atelier de scénographie travaille et questionne la théâtralité des espaces scéniques mais aussi celle des espaces publics et urbains

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Enseignants : François Duconseille, Alexandre Früh, Jean-Christophe Lanquetin, Bruno Tackels, Pierre-André Weitz, Grégoire Zabé

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Inscrit au cœur d’une école d’art, l’enseignement de la scénographie à l’ESADS est de fait et volontairement trans-disciplinaire, sa vocation est d’interroger la manière dont les questions d’espace de (re)présentation, entre présentation et représentation, traversent les différents champs de la création contemporaine.

L’atelier de scénographie développe un enseignement multiple mais centré sur les pratiques de l’espace articulées aux notions de (re)présentation et de point de vue du spectateur. Les questions liées à la place du spectateur, le point de vue de celui qui regarde/perçoit, sont pensées comme éléments constitutifs et centraux du projet scénographique, c’est un des enjeux majeurs des enseignements.

Le lien avec le monde du spectacle vivant (théâtre, opéra…) est un fondement de l’atelier, l’histoire de la pratique scénographique est là ; il est présent durant tout le cursus et s’articule au champ professionnel local et national par des partenariats actifs avec de nombreux théâtres (Maillon, Pôle sud, Taps, TJP, Théâtre Paris-Villette…).

Si le théâtre reste l’axe structurant de la pédagogie, depuis quelques années nos questionnements sortent de plus en plus des espaces scéniques conventionnels pour interroger et pratiquer ce qui dans les villes, les espaces publics constitue un champ actif de théâtralité que nous appelons le « scénographique ».

L’atelier cherche à interroger l’espace urbain dans sa dimension scénographique à partir de ce que l’on pourrait appeler la surface : à partir des pratiques des gens, flexibles, qui ne correspondent pas toujours aux critères de citoyenneté, aux manières « consistantes » de pratiquer la ville, aux classifications d’une grande part des études sur l’espace urbain, des travaux des urbanistes. C’est une autre pensée de la ville, à partir de l’éphémère, du performatif. Travailler à partir de la surface veut dire travailler à partir de ce que l’on voit, de ce qui se passe, de traces volatiles de couches plus complexes, presque invisibles, qui échappent — observer, intervenir, créer à partir de cela. Ce sont aussi des manières de penser l’espace urbain en tant qu’écran, virtuel, flux, événement, tactiques éphémères, en contrepoint des conventions du paysage, du pérenne, du durable…  Et ainsi faire émerger les pratiques des gens au cœur des questionnements sur l’espace public.

C’est autour de ces questions que s’est construit avec la WITS School of Art de Johannesburg le programme de « creative research » Play/Urban dont certains projets de diplômes sont pour la première fois directement issus. La ville est alors comprise comme un territoire artistique, un espace d’expressions pérennes ou événementielles, la scénographie devient urbaine, le monde devient une scène publique.

Dans cette approche élargie de la scénographie, l’expographie et la muséographie, comme expression et mise en scène de récits d’objets, d’images, d’actions, tiennent également une place importante. Ce sont des pratiques qui peuvent être inscrites dans des contextes repérés et « conventionnels » comme des Musées, des centres d’art…, mais aussi dans des espaces moins clairement définis et délimités : par exemple dans des sites urbains, développés in situ, construisant des relations entre un contexte quotidien et une œuvre, un acte d’artiste.

Si le monde est une scène, il convient d’inscrire ces différents champs du scénographique dans un espace à présent mondialisé et multipolaire. Il revient donc au scénographe de questionner les points de vue et la façon dont les choses sont effectivement perçues différemment en fonction de leur position territoriale et culturelle. Confronter concrètement les étudiants à cette problématique en ouvrant l’atelier sur le monde (par des partenariats, des circulations, des rencontres…) est un principe même de notre pédagogie. Ce n’est que dans cette confrontation et ce questionnement, puis en construisant un point de vue d’auteur / artiste, que les étudiants pourront être à même d’envisager des réponses contextualisées aux enjeux spectaculaires de la mondialisation.

Au-delà du projet de cet atelier du « scénographique », de ses axes pédagogiques structurants, nous souhaitons qu’en son sein puissent exister et s’y développer des points de vue singuliers, voire atypiques, à la croisée des pratiques de la création. Il s’agit de participer à l’affirmation de démarches et de cheminements personnels. En ce sens le diplôme est une occasion rare, espace-temps privilégié dont les étudiants s’emparent pour construire et développer sur une année leur univers et leur pratique. Les travaux sortent souvent des codes et schémas de (re)présentation préétablis et expérimentent assez librement des questions d’espace souvent en lien avec des questions de fiction. Celle-ci semble rester particulièrement présente comme une nécessité et un plaisir à ce stade du parcours des étudiants, ce qui ne présume en rien, l’expérience le montre, de leurs pratiques futures, souvent très diverses.

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