Posts Tagged ‘Banlieue’

le carnet d’un arpenteur

février 15, 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

un très beau film sur la banlieue, les Minguettes, une histoire dite sans aucune violence, doucement, dire la violence des politiques urbaines, décrire dans le détail les stratégies du pouvoir en arpentant le quartier et montrant simplement les éléments du processus de dépossession, de stigmatisation…

http://carnet-arpenteur.fr/film.php

Quand la police dicte sa loi aux architectes

janvier 7, 2011

La « prévention situationnelle », qui voit l’urbanisme comme un moyen de diminuer les violences urbaines, gagne du terrain dans les cités sensibles. Une circulaire renforce le rôle de la police dans la mise en place de ce système, au détriment des architectes.

http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/51308/date/2010-09-23/article/des-architectes-regrettent-lintervention-policiere-dans-lurbanisme-des-cites/

Hautepierre tu l’aimes ou tu la kiffes

décembre 6, 2010

 

 

 

 

 

 

Exposition du 10 au 20 décembre

http://www.htp40.org/category/newsflash/

Opération banlieues

décembre 4, 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Opération banlieues
Comment l’État prépare la guerre urbaine dans les cités françaises 

Hacène BELMESSOUS

Entre 1977 et 2003, la politique de la ville visait à « réinjecter du droit commun » dans les quartiers d’habitat social. Mais depuis, derrière les grands discours, une autre politique se déploie discrètement : la préparation d’une guerre totale aux cités, transformées en véritables ghettos ethniques, chaudrons sociaux dont le « traitement » ne relèverait plus que de l’éradication ou de la force armée. Voilà ce que démontre cette enquête implacable d’Hacène Belmessous, nourrie de documents confidentiels, de témoignages d’acteurs de la « sécurité urbaine » ? politiques, urbanistes, policiers, gendarmes et militaires ? et de visites des lieux où militaires et gendarmes se préparent à la contre-guérilla urbaine.

http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Operation_banlieue-9782707159120.html

93 la belle rebelle

novembre 26, 2010

 

 

 

 

 

 

http://videos.arte.tv/fr/videos/93_la_belle_rebelle-3547478.html

PIALAT – L’AMOUR EXISTE (1960-PART 2)

novembre 14, 2010

 

 

 

 

 

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=tju683zLPaw&feature=related

PIALAT – L’AMOUR EXISTE (1960-PART 1)

novembre 14, 2010

 

 

 

 

 

 

 

banlieues années 50… sans fioritures

http://www.youtube.com/watch?v=VJgp8_yOJAc&feature=player_embedded

Regards sur le Stockfeld / des indiens dans la ville

novembre 14, 2010

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Le quartier du Stockfeld est historiquement lié à l’image des (American) Natives.

Réutilisant le terme des « indiens » du Stockfeld, premiers habitants du quartier, l’intention du projet est de déterminer des territoires et de mettre en avant la fierté de la cité jardin.

En tournant en dérision le terme des indiens, qui fut un temps péjoratif, la vie du quartier prend une autre tournure. A l’image de l’association des habitants qui revendiquent cette appellation lors de défilés annuels, le but du workshop est de mettre en scène les résidents devant leurs propriétés avec une coiffe indienne.

A partir de cette rencontre, des territoires se dessinent.

Chaque portrait représente une tribu dont le symbole est inscrit sur les volets des bâtisses de l’architecte Schimpf.

Se distinguent dix peuples : le trèfle, le coeur, le pique,

le carreau, le rond, le sapin, les trois ronds, la feuille, et l’amphore.

Mais cette action ne s’arrête pas là !

En travaillant au sein du Stockfeld les habitants ont montré leur fierté et la dynamique qui les anime. Dans cette lancée, le projet peut fortement évoluer. Des affiches peuvent être placées dans le village et les quartiers nord du Neuhof afin de promouvoir les actions de l’association des indienne à plus grande envergure/échelle.

Lorine Boudinet / ESAD
Thomas Schaupp / ENSAS
François Bauer / ENSAD

Regards sur le Stockfeld / « 1, 3, 5, 7 … 2, 4, 6, 8 … »

novembre 14, 2010

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« 1, 3, 5, 7 …
2, 4, 6, 8 … »

Un état des lieux,
un état des faits,
… un état.

Ressentie d’un espace-temps, d’une situation, d’un décalage.

S’immerger, prendre un rythme, en changer, être conscient, être…là.
Voilà ce que nous avons tenté de réaliser à travers la vidéo

« 1, 3, 5, 7 …
2, 4, 6, 8 … »
en résultat du workshop de novembre 2010.

« Les barrières peuvent se franchir aussi simplement qu’un plateau bon marcher
peut chuter. »

Claire Johann / ENSAS
Diane Augier / ESAD
Eve Bruschet / ESAD

Regards sur le Stockfeld / partager le temps

novembre 14, 2010

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C’est un jeu de texte, un jeu urbain.
Partant de la constatation qu’il est fréquent
qu’un ticket de transport soit encore valable
après la fin du trajet des voyageurs, et donc
utilisable par une autre personne,
nous souhaitons proposer un lieu de communication
où l’échange, la transmission puisse s’établir.
Règle du jeu :
Nous ne visons ni riche, ni pauvre.
Nous ne répondons pas à un problème social.
Nous ne visons pas à répondre à une
demande d’aide.
Nous ne sommes pas contre la loi.

Lusine Soghomonyan / ENSAS
Mushegh Tokmajyan / ENSAS
Jia Qiu / ESAD

Regards sur le Stockfeld / quand l’art et l’architecture s’emmêlent

novembre 14, 2010

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En immersion dans le quartier du Neuhof à Strasbourg, nous avons pu prendre conscience de la rupture existant entre ce quartier et le centre ville : faible présence des transports en commun à la fois dans ce quartier, et entre le Neuhof et le centre-ville.

Cependant, plutôt que de souligner les facteurs négatifs de cet enclavement, nous nous sommes davantage intéressés à la vie des gens du quartier et notamment à l’esprit de solidarité qui y règne. Cet enclavement ne crée-t-il pas pourtant une certaine cohésion entre les habitants du Neuhof ? De cette réflexion a émergé l’idée de traduire et de mettre en valeur cette unité sociologique. Pour ce faire, nous avons imaginé, avec la participation active des habitants du Neuhof et du Centre Socio-Culturel, la création d’un maillage entre les différents immeubles et ainsi matérialiser le lien qui unit les habitants. Afin de rendre palpable ce lien, nous projetons d’inviter les habitants du Neuhof à relier leurs fenêtres à l’aide d’une bande signalétique de chantier (en écho au projet de restructuration du Neuhof). Dans le délai qui nous était imparti, il nous était bien évidemment impossible d’organiser un tel événement sans avoir d’abord présenté le projet à l’ensemble des habitants du quartier. Afin de crédibiliser le projet aux yeux des habitants, il nous fallait aussi le parrainage du Centre Socio-culturel du Neuhof. De manière à communiquer notre projet et à susciter l’intérêt des gens du Neuhof, nous avons réalisé au cœur du quartier une expérience avec quelques habitants volontaires. Première ébauche vers le projet à l’échelle du Neuhof….

TOENZ Pauline / ENSAS
BOULLE Claire / ESAD

Regards sur le Stockfeld / Simcitée

novembre 14, 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le contexte pesant du Neuhof n’épargne personne et présente plusieurs risques plus au moins pervers.
Me concernant, l’un d’eux était de me sentir soudainement investit d’une sorte de mission divine qui viserait, par exemple, à importer le bonheur, ou du moins la vision que je m’en fait. Sorte de condescendance qui n’a pas lieu d’être.
Dans un second temps l’empathie m’a fait penser que je devrais  aller vers les habitants du quartier car mon travail allait les concerner.
Puis je me suis rapidement débarrassé de cette empathie, je me suis interdit tout contact intentionnel, et donc selon moi intéressé.
En effet, l’individu aurait été abordé dans le cadre d’une consigne, et le fait de devoir produire un rendu aurait orienté mon approche, biaiser le contact entre lui et moi (idée de l’instrumentalisation )
De plus, le temps impartit ne me permettait pas de comprendre toute la complexité d’un habitant,car la vie et les conditions dans lesquelles ceux-ci vivent méritent que si ils deviennent les sujets d’un travail, celui-ci soit réalisé avec toute les nuances et la profondeur nécessaire.
Je garde donc ce type de travail pour une autre fois, si je le désire personnellement et si je dispose de beaucoup de temps.
Autre  risques rencontré, et sans doute le plus sournois, est celui de ce que j’appellerais «  l’hyper-prudence » ou quand à force de trop de précautions et de délicatesse on fini par perdre toute son énergie.
J’ai donc décider, après avoir passé plusieurs heures à explorer les rues de la citée, de prendre mon vélo, m’éloigner le long d’un chemin, je voulais voir tout ces vies de plus loin, je me suis finalement arrêté à environ un demi kilomètre des premières habitations.
Je me trouvais sur un immense terrain vague, le point de vue m’offrait une vision d’ensemble. D’un seul regard je voyais les barres HLM et, au lointain, la cathédrale de Strasbourg. Tel un phare, la cathédrale semblait chercher le Neuhof dans le brouillard. La distance m’a permit de mieux me rendre compte de la situation du quartier.
Puis je me suis souvenu d’un discours qui prônait la diversité. Diversité des origines ethniques et aussi/donc? des classes sociales. Cela en construisant différents types d’habitations ( propriétaires et locataires de logement sociaux ) dans un périmètre restreint.
La diversité devait être vue entant qu’atout et non comme source de tensions. Des termes tel que « décloisonnement » côtoyaient des idées telles que « l’anti ghettoïsation » et moi je vivais désormais dans un mode juste et joyeux.
Mais je n’ai pas vue toutes ces choses. Pourtant mon poste d’observation m’a permit de photographier une sorte de résumé architectural du Neuhof.
Pour que cela apparaisse plus évident j’ai coloré cette photo. Voici le résultat (de gauche à droite) :
-en bleu : les barres d’immeubles de premières génération.
-en orange : un pâté d’habitations collectives tout juste construites.
-en vert : les barres d’immeubles de secondes génération.
-en rose : des habitations sociales en cour de construction.
Cette photo, qui se rapproche plus d’un diagramme que d’un paysage peut paraitre froide mais elle à la mérite de mettre en évidence des faits indéniables comme par exemple la construction par blocs, et l’apparence résidentielle des nouveaux HLM. Cache misère?
Que reste-il du discours? Que ce passe-t’il sur le terrain? Ma photo peut constituer un élément de réponse.
Simcity est un jeux vidéo qui permet à son utilisateur de bâtir sa ville, ses administrations, ses réseaux de transports etc. J’ai l’impression que plusieurs joueurs se sont succédés, comme si une forme de totalitarisme transcendant posait ça et là du béton depuis des années.
Ce travail est pour moi le point de départ d’un regard sur l’évolution de ce type d’environnement urbain.
Norbert Jarny / ESAD

Regards sur le Stockfeld / Les Neuhofs

novembre 13, 2010

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Parcourir un quartier comme on parcourt un cerveau. Etablir l’identité d’un lieu comme celui d’une personne, à travers les différentes représentations que les habitants en donnent.
L’enjeu est de demander des plans, des représentations de l’espace ou nous nous trouvons, pour ne représenter ce quartier qu’a travers les «signifiés» et les expériences vécus des habitants.
A travers ces dessins, ces aussi le positionnement de chacun qui ressort.
Partir à la recherche du Neuhof, c’est se risquer à rencontrer les Neuhofs, une identité éclaté et à différents rythmes.

Irene Tchernooutsan / ESAD

Regards sur le Stockfeld / Les Enfants, le Quartier et Le bonheur

novembre 13, 2010

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Notre projet a commencé par une analyse du quartier du Neuhof. Nous avons focalisé notre attention sur les graffitis qui recouvrent les immeubles de la cité. Nous avons constaté que dans cette zone règne un climat de tension. Puis nous sommes allez nous promener dans le Stockfeld qui est intéressant pour son architecture, nous avons vu des jardins, des potagers, et nous avons compris que des endroits positifs peuvent exister au Neuhof, et qu’une meilleure qualité de vie existe dans ce lieu. La comparaison entre la cité proche du tramway et le Stockfeld nous donne envie de réfléchir à investir la cité en faisant une proposition qui interviendrait dans l’espace. Nous avons rencontré des personnes, membres d’association pour les enfants qui nous ont expliqué que les enfants sont le moteur de cette cité, et que si on agissait avec les enfants, cela aurait un impact sur les parents, et sur la vie du quartier.
Notre proposition était de faire dessiner les enfants selon une consigne : «Si vous pouviez dessiner sur les façades des immeubles, qu’aimeriez vous y voir?». Les enfants du quartier ainsi que des parents se sont prêtés au jeu, et nous avons récolté plusieurs dessins. La suite du projet était d’afficher ses dessins sur les murs des immeubles pour recouvrir les insultes écrites. Ce que nous avons fait, puis dans la même journée un gardien a enlevé les dessins et a repeint l’insulte. Il nous a expliqué que les dessins risqués de brûler dans la nuit. Il comprend l’intérêt de notre action mais peut-être n’avons nous pas fait suffisement attention au contexte du quartier quant à l’interprétation de notre acte par les habitants de la cité?
Ceci reste quand même une aventure humaine forte, travailler avec des enfants, tisser un lien avec eux, on ne peut qu’imaginer la force d’une telle rencontre, parler aussi avec les parents, comprendre le quotidien de ces personnes le temps d’un workshop était très constructif pour notre regard, notre approche (il n’a pas été évident d’arriver comme ça dans un lieu inconnu, et de démarrer une investigation). On peut se demander si une proposition comme celle que l’on a fait a une chance de réussir dans un lieu où l’on ne connaît pas forcement les comportements des habitants, et peut-être faut il d’abord tisser un lien avec ces habitants pour pouvoir ensuite agir, même si le contexte de cette cité rend la mise en place de projets plus délicate à faire.

Derya Cakicili / ENSAS
Neslihan Senan / ENSAS
Seunghee Lee / ESAD
Anthony D’Alessandro / ESAD

Regards sur le Stockfeld / Espace public

novembre 13, 2010

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Après avoir passé deux jours dans le quartier du Neuhof, nous avons choisi de travailler la photographie et plus précisément le photomontage. Ce médium nous a parût approprié car c’est un peu de cette manière qu’est véhiculé l’image de ce quartier. La cité est en proie aux trucages numériques : l’aspect médiatique de la cité ne nous permet plus de savoir ce qui est vrai ou non. Le Neuhof souffre en effet de sa réputation fondée sur la communication colportée par les médias. Ils veulent faire jouer une fiction aux habitants de la cité. Cependant certains habitants se prêtent au jeu et nous font clairement comprendre que nous ne sommes pas chez nous. C’est un espace devenu privé d’où notre gêne.

Par le biais des photomontages, nous cherchions ainsi à exprimer notre ressenti, par des compositions ambigües dont on ne distingue pas toujours la part de fiction. Nous avons intégrer à des prises de vue du Neuhof, des photographies de personnes de la cité jardin et de notre environnement. Souhaitant ainsi provoquer un trouble auprès du spectateur en l’amenant à se questionner sur sa propre perception. En effet les personnes pourraient aisément se trouver sur la photographie, cependant, l’aspect visuelle, (luminosité, couleurs différentes…) de la photographie nous empêche d’y croire, mais soulève ainsi les a priori du spectateur sur le quartier.

Géraldine Legin / ESAD
Alice Pessey / ESAD

Regards sur le Stockfeld / 3 filles dans c’quartier, avec un ballon en plus !

novembre 13, 2010

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3 filles dans c’quartier, avec un ballon en plus ! » rend compte de notre expérience avec les gens de la cité du Neuhof.
Nous avons choisi de nous laissé guider dans la ville, au hasard des rues et des rencontres, par l’action physique et sociale d’un ballon de football. Travailler sur ce quartier nous paraissait impossible sans au préalable rencontrer ses habitants ou ses usagers. Nous étions juste là, à nous promener le ballon au pied, en les laissant faire le pas de nous interpeller pour ensuite engager une conversation.
Pourquoi le ballon de football ? c’est un objet simple, qui n’est au final qu’un morceau de caoutchouc recouvert de cuir et rempli d’air, mais que tous les jeunes de la cité maîtrisent mieux que nous. Nous ne sommes pas allé vers eux avec une position dominante que finirait par les rabaisser (comme l’image que véhiculent les médias), mais plutôt en leur demandant de nous apprendre, à jongler par exemple.
Chaque personne avec qui nous avons échangé à signé le ballon (non sans une certaine fierté) pour matérialiser cette rencontre et la fixer dans le temps.
Toute notre promenade s’est avérée très riche et s’est déroulée sans encombre. Elle nous a permis de nous rendre compte de la cohésion au sein des jeunes (reconnaissance des différentes signatures), de l’identité forte du quartier (signature accompagnée de « Neuhof ») et de leur ouverture aux autres, contrairement à ce contre quoi on nous avait mises en garde…

ALBERT Emilie / ESAD
LAYLE Christal / ENSAS
LEBOUTEILLEE Mathilde / ENSAS

Regards sur le Stockfeld / Texte de Laurent Reynes

novembre 12, 2010

Le workshop «E-cité-Bucarest » a été l’occasion de tester et d’éprouver différents aspects de l’interaction actuelle entre les deux disciplines, art et architecture.

Les deux écoles d’art et d’architecture de Strasbourg se sont réunies durant trois jours, à travers une trentaine d’étudiants de 2° année de master. Ils ont travaillé librement, individuellement ou par groupes, mixant souvent les deux écoles de manière volontaire.

L’objet d’étude était le quartier du Neuhof-Stockfeld, dans toutes ses dimensions (physiques, sociales, historiques…) Les étudiants étaient libres de mettre en exergue un aspect du quartier, ou d’intervenir de manière physique et directe. La liberté a été volontairement laissée très grande afin de faciliter l’apparition d’observations et d’interventions de natures très différentes.

A l’heure du bilan, divers niveaux de lecture semblent se dégager, tant d’un point de vue artistique qu’architectural, ou encore pédagogique.

L’approche artistique ne fait pas de doute quant aux résultats que les étudiants ont présentés. Les actions et les travaux mis en place ont prouvé la capacité, la spontanéité, la réactivité, et l’immédiateté de la réflexion artistique. Le foisonnement d’idées produites par les divers groupes d’étudiants, les méthodes souvent intuitives développées dans la pluralité des concepts sont dues à l’approche plutôt artistique du lieu. La performance (projet « Neuhof Football »), l’interactivité, la sollicitation des habitants ont été les techniques semble-t-il les plus mises en oeuvre pour mener à bien les idées. La photographie ou le petit film, moyens rapides, furent les deux techniques de restitution et de rendu des travaux.

Ces remarques semblent évidentes au regard du projet « Neuhof – Football » ou le ballon a été l’objet d’échange, de conversation, de discours, de lien, entre les étudiants et les jeunes du quartier. La manière de filmer les pieds des joueurs en entendant leurs voix (presque) off, a été une manière très efficace de rendre compte de la vie du quartier, sans pour autant blesser ni juger la personne qui acceptait d’être interviewée.

L’approche plutôt architecturale du site était beaucoup plus diffuse mais pour autant bien présente. Elle était déjà dictée à la base même du sujet du workshop. Le sujet d’étude étant le quartier du Neuhof-Stockfeld, les étudiants ont eu dès le départ l’esprit tourné tour à tour vers la sociologie, l’histoire et la morphologie du quartier. Le projet « Là où je suis » consistait à aborder une personne dans la rue du quartier et, après lui avoir présenté une feuille de papier et un crayon, lui demander de dessiner sa situation dans le quartier à l’instant de l’interview. Le petit reportage montre donc des piétons qui dessinent le plan de leur quartier, avec tous les aléas que comporte ce genre d’exercice, entre la surprise provoquée par la demande et la connaissance réelle de leur quartier.

La sociologie du quartier est la composante la plus prenante et la plus évidente. Dès que l’on rentre un peu dans l’esprit du lieu, on se rend compte que la population réputée difficile pose son empreinte quasiment partout. En ce sens, le projet « Nique la police » a consisté à couvrir de dessins d’enfants un graffiti écrit à la bombe de peinture sur un mur du quartier.

Les étudiants ont donc senti de près la difficulté de réagir avec ce facteur social très prégnant. Les notions de « lien », de « pont », d’« échange », se sont souvent retrouvées dans les résultats, mettant ainsi en avant le besoin de contacts avec des couches sociales

auxquelles ils sont rarement confrontés. C’est donc cette approche sociale du lieu qui a été mise en évidence dans la plupart des travaux.

L’approche architecturale s’est aussi retrouvée dans l’observation et l’action sur l’espace des diverses entités du quartier. Dans le projet « Lien fenêtres », le groupe a voulu réellement tisser des liens physiques en tendant un ruban de chantier d’une fenêtre à l’autre d’appartements différents. S’ils avaient eu un peu plus de temps, l’entité bâtie ayant servi de support au projet, aurait étaient complètement tendue de ruban, créant ainsi comme un plafond, ou un velum, sur l’espace public. L’urbanisme de la cité du Stockfeld, totalement différent de celui de la cité du Neuhof, est le corollaire du facteur social indiqué plus avant. L’histoire architecturale et urbanistique du quartier se confond avec les diverses localisations et l’implantation des couches sociales.

La notion du temps a également été une donnée importante de cet atelier. La durée du travail, réduite à environ deux jours (en tenant compte des divers exposés de présentations et d’informations) a été appréhendée au départ comme une contrainte difficile, et s’est avérée être un facteur tonifiant et impulsif. La notion d’urgence s’est révélée être un moteur pour l’apparition des idées.

Cet atelier a vu l’émergence de concepts de base d’une teneur et d’une portée que les étudiants ont eu du mal à réellement apprécier par manque de recul. La spontanéité des idées et l’évaluation de leurs teneurs auraient nécessité plus de temps afin de pouvoir les exploiter à leur juste valeur et les développer pleinement.

Enfin, il me semble important de mentionner tout le côté positif de cette expérience commune liée à la participation des deux écoles. La complémentarité des deux visions artistique et architecturale n’est plus à démontrer tellement elle semble évidente et riche d’idées émergentes. De plus, ce workshop était placé sous la houlette des deux artistes roumains intervenants. Leurs travaux, découverts au cours de leurs exposés, leurs conseils et leurs remarques, ont été de solides repères et des références pour les étudiants. La richesse inter culturelle de cet atelier a ouvert des horizons multiples. Les points de vue techniques et analytiques inhérents à chacune de deux entités se sont révélés être très souvent en phase. L’art a besoin de l’architecture et inversement. C’est en rapprochant les deux disciplines que les protagonistes se rendent compte des logiques propres à chacune d’elles. Et c’est en les connaissant qu’ils peuvent ensuite les comprendre pour se les approprier.

La mixité mise en place par les conditions de ce workshop a permis de sentir et d’affirmer des complicités possibles entre les deux écoles. Les approches artistiques et architecturales contemporaines s’avèrent très complémentaires. La liberté et la spontanéité des uns, le pragmatisme et la méthode des autres se sont révélées être très concluantes quant aux résultats obtenus. Cette initiative est bien sûr à prolonger et continuer, avec d’autres intervenants sur d’autres objets d’études.

auxquelles ils sont rarement confrontés. C’est donc cette approche sociale du lieu qui a été mise en évidence dans la plupart des travaux.

L’approche architecturale s’est aussi retrouvée dans l’observation et l’action sur l’espace des diverses entités du quartier. Dans le projet « Lien fenêtres », le groupe a voulu réellement tisser des liens physiques en tendant un ruban de chantier d’une fenêtre à l’autre d’appartements différents. S’ils avaient eu un peu plus de temps, l’entité bâtie ayant servi de support au projet, aurait étaient complètement tendue de ruban, créant ainsi comme un plafond, ou un velum, sur l’espace public. L’urbanisme de la cité du Stockfeld, totalement différent de celui de la cité du Neuhof, est le corollaire du facteur social indiqué plus avant. L’histoire architecturale et urbanistique du quartier se confond avec les diverses localisations et l’implantation des couches sociales.

La notion du temps a également été une donnée importante de cet atelier. La durée du travail, réduite à environ deux jours (en tenant compte des divers exposés de présentations et d’informations) a été appréhendée au départ comme une contrainte difficile, et s’est avérée être un facteur tonifiant et impulsif. La notion d’urgence s’est révélée être un moteur pour l’apparition des idées.

Cet atelier a vu l’émergence de concepts de base d’une teneur et d’une portée que les étudiants ont eu du mal à réellement apprécier par manque de recul. La spontanéité des idées et l’évaluation de leurs teneurs auraient nécessité plus de temps afin de pouvoir les exploiter à leur juste valeur et les développer pleinement et continuer, avec d’autres intervenants sur d’autres objets d’études.

Laurent Reynes
Artiste et enseignant à l’ENSAS

Regards sur le Stockfeld / texte de Dominik Neidlinger

novembre 12, 2010

Quand l’art et l’architecture s’en mêlent-

un regard critique sur le territoire modèle de la métropole strasbourgeoise

Le Neuhof-Stockfeld -une mission (im)possible ?

Un workshop contenant deux artistes roumains Irina Botea et Calin Dan, trois enseignants Laurent Reynes, François Duconseille et Dominik Neidlinger respectivement artiste, architecte et urbaniste de l’ESAD et de l’ENSAS, une vingtaine d’étudiants des deux établissements partenaires et un lieu, le centre culturel Django Reinhardt au cœur de Neuhof, ce sont les ingrédients d’une expérience surprenante de quatre jours intenses sur place.

Quelle mission et quel objectif à se donner pour un temps de travail très limité sans bonne connaissance préalable du territoire et du quartier ?

Comment rentrer en contact direct avec la population en sachant que c’est un « quartier sensible » ?

Et en parlant de l’identité du territoire du Neuhof qui est en train d’être revalorisé par un Grand Projet de Ville (GPV), ne faudrait-il pas parler d’une poly-identité entre la cité-jardin Stockfeld, le Neuhof-village et les cités (Polygones et autres) ?

Trop de questions et peu de réponses pour retrouver ses repères dans un contexte urbain complexe pour développer une stratégie, donc s’agit-il d’une mission impossible ?

Au contraire tout est possible, ce que montraient les projets élaborés par les étudiants de l’ESAD et l’ENSAS dans des groupes mixtes permettant de croiser leurs regards d’une manière intuitive et surprenante. Un ballon de foot comme médiateur pour faire parler les jeunes, des bandes en plastique bicolore reliant les façades des immeubles qui créent un vrai espace intermédiaire ou une boîte ingénieuse au terminus du tram Rodolphe Reuss permettant de redistribuer des billets encore valables, pour juste citer quelques projets parmi d’autres. Ils ont tous en commun une créativité spontanée, propre à une démarche conceptuelle et comme seul objectif de montrer d’une part le dysfonctionnement de ces territoires hérités d’un urbanisme fonctionnaliste et d’autre part de révéler l’énorme potentiel d’une forme d’habitat directement en contact avec la nature. ces espaces et ces lieux du quotidien deviennent à travers une autre approche, radicale et sensible en même temps, une « plateforme du possible »- un dispositif spatial et social où toutes formes d’interaction entre les habitants se facilitent. Il permet également de créer une nouvelle identité positive souvent cachée derrière l’apparente banalité du quotidien de ces quartiers. Ce dépassement de l’habituel et de la norme, autant prôné dans une société multiculturelle, ne doit pas rester que des paroles, il faut se doter des « plateformes du possible » dans l’espace urbain pour se réinventer nous-mêmes…c’est ce que les projets d’étudiants nous ont bien montrés..!

Dominik Neidlinger

Diplom -Ingénieur

architecte / urbaniste

maître assistant à l’ENSAS

Regards sur le Stockfeld / A fleur de peau, entre cité et cité jardin.

novembre 12, 2010

A fleur de peau, entre cité et cité jardin.

« Armstrong je ne suis pas noir – Je suis blanc de peau – Quand on veut chanter l’espoir – Quel manque de pot… » ainsi jouait Claude Nougaro avec les mots, les peaux et les pots dans une chanson hommage au jazzman Louis Armstrong

« Manque de pot » c’est sans doute le sentiment général et partagé par les habitants du Neuhof depuis plus d’un siècle quelque soit le quartier habité, vivre en ces territoires c’est semble-t-il être frappé de malchance. Et si ce manque de pot était en fait un manque de peau, sentiment de manque de protection, de dénuement voir d’abandon, c’est alors de corps dont on parle et non plus d’horticulture, du corps des habitants, du corps social de la cité ou plutôt des différents corps qui la constituent ici  par juxtaposition de territoires séparés chacun par sa peau à l’identité revendiquée. Circuler en ce quartier, c’est négocier ces différentes peaux, appelons les, limites, frontières, passages réels ou imaginaires.

Peaux-rouges ; les habitants déplacés du centre ville de Strasbourg au Stockfeld au début du XXe siècle se faisaient appeler les « Indiens du Stockfeld » sans doute en raison du sentiment de vivre dans un « camp » éloigné de la ville, entouré par la forêt, une poche d’habitations repliée sur elle-même au dessin organique faisant penser à des strates de derme, appendice extrême de la communauté urbaine.

Plus tard, ce seront les gens du voyage qui camperont non loin de là, en bordure d’aérodrome, il y sont encore, vivant de façon précaire entre caravanes, constructions informelles et logements sociaux standardisés. La peau est pour cette population réellement « rouge », foncée venue de l’est, d’Inde d’où migra, il y a bien longtemps, la population Rom.

Et d’autres peaux, blanches, jaunes, noires dans la Cité, ensemble de logements sociaux construits durant ces 30 années dites glorieuses, des peaux et des visages de jeunes gens désoeuvrés, parfois encapuchonnés, cachant ces peaux qui appellent au contrôle au faciès, peau à stigmate pour moinillons en souffrance.

Venir au Neuhof, c’est dans la tête de beaucoup risquer, non de la perdre, sa peau, mais d’être « dépouiller » [montre, téléphone, lecteur de musique, appareillage devenu « peau »] ou pire qu’il soit porter atteinte à la peau cuirasse de son véhicule, dépouilles calcinées d’automobiles offertes en pâture médiatique les soirs de Saint Silvestre.

La question est bien là, celle du dépouillement, non du dépouillement chrétien façon Saint Martin qui par le don matériel panse l’injustice sociale tout en maintenant les écarts, mais d’un dépouillement culturel qui nous déferait de l’habit empesé des atavismes et nous permettrait de penser la rencontre et l’échange au-delà des scénarios pré-conçus pour reportage de journal télévisé.

Alors, ce quartier ne souffrirait pas d’un manque de « peau » mais d’un excés, de carapaces formées par l’accumulation de sentiments négatifs validés par le réel et durcies par des postures identitaires et héroïques. Dans cette course à l’épiderme guerrier surgit au bon moment l’armure caoutchoutée du gendarme mobile venu tanner le cuir récalcitrant de l’indiscipline sociale.

Modestement pendant 4 jours un groupe d’étudiants d’architecture et d’art a circulé dans ces espaces complexes et a tenté, armés de leur sensibilité, d’y produire quelques porosités. Ils ont été accompagnés en cette aventure par Irina Botea et Calin Dan, deux artistes roumains, passeurs d’histoires, de frontières et de peaux.

François Duconseille

Scénographe et plasticien

Professeur à l’ESADS

responsable du Pôle Espaces Publics de l’Option Design & Scénographie

e-cité Bucarest

octobre 30, 2010

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